C’est à la fois par amour de ces répertoires et par militantisme que je me consacre principalement à la musique ancienne et à la musique contemporaine. Par goût, parce que ces œuvres recèlent une richesse de sonorités, de couleur, et de pensée extraordinaires, que n’ont pas toutes les pièces du répertoire traditionnel de la harpe, notamment les œuvres écrites par des harpistes du XIXe. Par militantisme, parce que je crois que mon instrument a besoin que son répertoire, assez mince, soit élargi par des œuvres de grande qualité. C’est pourquoi je mène un doctorat sur la transcription du répertoire de clavecin français, et je travaille avec des compositeurs vivants.

Pour autant, je joue fréquemment les grandes œuvres du répertoire original : Hindemith, Fauré, Caplet… Elles sont magnifiques, et les mettre de côté serait un préjudice pour l’instrument comme pour son interprète.

La harpe est un instrument aux possibilités immenses ; mon but est de contribuer à en faire un instrument de récital au même titre que les instruments rois, et de l’aider à sortir de son image d’instrument de salon.