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La Lettre du musicien, n°406
Harpe baroque à la Cité de la musique

« Vous l’aurez compris, c’est un concert entièrement dédié au grand clavecin français des 17e et 18e siècles ». C’est sur ces mots que la jeune Constance Luzzati prit place derrière… sa harpe ! Un récital qui se déroulait dans l’amphithéâtre de la Cité de la musique, dans le cadre des Cartes blanches aux jeunes solistes du Conservatoire de Paris.

Autant le dire d’emblée, ce fut un récital somptueux où la rigueur de l’écriture pour le clavecin gagnait en souplesse et en légèreté grâce à la rondeur de la harpe. De Couperin à Royer en passant par Duphly et Rameau, toutes ces transcriptions permirent à Constance Luzzati de faire montre de son sens aigu de la musicalité, des phrasés, de l’ornementation baroque – parfaitement rendue par la harpe – et d’une virtuosité surprenante. Un suspens plein de préciosité et de raffinement dans les pièces de François Couperin, une grande expressivité dans Médée, extraite du Troisème livre de Duphly et beaucoup de tempérament et de drame dans les pièces quasi figuratives de Rameau et Royer. Voilà ce que nous ont servi la jeune musicienne et son toucher subtil, délicat, d’une maîtrise technique impitoyable ! On se souviendra en particulier de l’humour imitatif qui traverse La Poule de Rameau, dont elle rend le caquètement par un jeu sur l’attaque des cordes, de l’enchantement du Rappel des oiseaux, et des délicieuses cascades chromatiques de L’Incertaine de Royer. Une soirée qui balaya d’un revers de manche tous les a priori qui font encore parfois de la harpe soliste un drôle d’animal austère… (18 juin)

Clément Rochefort
La Lettre du musicien

« Autre moment marquant, le récital donné par Constance Luzzati. Délicate dans Scarlatti, virtuose dans Carter, violente même dans Mantovani, elle dévoila avec beaucoup de talent les multiples facettes de la harpe à des spectateurs fascinés. »

Le Maine libre

« Tout le public a été subjugué par le talent de Constance Luzzati, prodigieuse de sonorité et d’expression. Des grands classiques aux contemporains, la musicienne ne sait que faire beau et juste, gracieux, subtil, jouant des nuances avec une grâce et une intelligence remarquables. C’est peu dire que Constance Luzzati a conquis son auditoire : on dit de la harpe que c’est un instrument magique, ça doit être un peu vrai à la nature de l’émotion ressentie de la première à la dernière note d’un tel programme, grâce à une interprète d’un niveau aussi exceptionnel. »

Anaclase

« Elle s’engageait dans une pièce de Frescobaldi dont elle éclaira somptueusement la mélodie, livrant une interprétation passionnante et sensible, toute en clairs-obscurs, qui nous fera dire que la jeune femme sait regarder la musique ailleurs que dans la seule musique. Outre qu’on put apprécier l’élégance de l’articulation, l’expressivité évidente et la grande présence de cette artiste, elle partageait avec le public un plaisir cordial à jouir de certaines résolutions modales de sorte que l’on comprit d’emblée avoir affaire à une riche personnalité musicale. Sa maîtrise absolue de la couleur dans les différences d’attaques sur lesquelles joue Tocar de Bruno Mantovani, accueillait Constance Luzzati dans la famille de ces interprètes qui, tout en servant fidèlement la partition, savent s’en emparer. Suivait une transcription de la Partita en si bémol majeur de Bach, livrant un Prélude concentré et rigoureux, une Allemande gracieuse, une Sarabande altière, une fluide Courante exquisément cotonneuse, et ainsi de suite, partant qu’on ne trouvera jamais absurde de jouer sur une harpe ce qui est écrit pour clavecin. Enfin, nous goûtions une lecture contrastée de Bariolages d’Elliott Carter, rendant parfaitement compte du geste cartérien, à la fois très impulsif et méticuleusement construit. »