projets – musique de chambre

Pour les musiciens, la musique de chambre allie le bonheur de jouer et chercher ensemble au plaisir de l’exigence du jeu soliste. Pour le public, c’est l’intérêt d’entendre des timbres mêlés, et de profiter de la complicité des interprètes.

Constance Luzzati s’y consacre avec de nombreux amis musiciens, dont notamment certains des solistes de l’orchestre de l’opéra de Rouen, en autres avec la violoniste Jane Peters. Elle s’investit tout particulièrement dans deux ensembles : le Trio Safran (flûte, alto et harpe), et le duo Luzzati qu’elle forme avec sa sœur Héloïse, violoncelliste. La transcription sous toutes ses facettes y occupe une place importante, permettant l’accès au répertoire des sonates en trio baroques comme à la magnifique palette expressive des mélodies françaises.

l’invitation au voyage
Avec Héloïse Luzzati, violoncelle, et Constance Luzzati, harpe

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté »… C’est sous l’égide du célèbre poème de Baudelaire et de sa magnifique mise en musique par Duparc que se place ce programme, à travers les transcriptions pour harpe et violoncelle d’une sélection de certaines des plus belles mélodies françaises pour voix et piano. La thématique du voyage est permanente dans les poèmes choisis par les mélodistes français, tant par l’évocation des saisons (Chant d’automne, Tristesse), que par celle d’un imaginaire hispanisant (Madrid, Nuit d’Espagne, Chanson andalouse), les métaphores maritimes (Les Berceaux), ou le doux transport du songe (Après un rêve). Tous ces ailleurs ne sont finalement que prétexte, pour poètes et compositeurs, à l’évocation de souvenirs, de passions, de sentiments doux ou terribles, et c’est avant tout un voyage purement musical entre ces passions que la harpe et le violoncelle font entendre.

trio safran
Avec Claudine Legras à l'alto, Yua Souverbie à la flûte, Constance Luzzati à la harpe

Formé en 2006, le trio Safran se consacre principalement à la musique française, autour de l’œuvre phare de la formation : la sonate pour flûte alto et harpe de Debussy. Elles transcrivent ensemble les œuvres de Rameau et Couperin, tout en découvrant les pièces du XXe et du XXIe siècle suscitées par l’admirable alliage de timbres dont Debussy fut l’initiateur. Elles se sont produites au petit palais, au musée des invalides, au musée Debussy ; on a pu aussi les entendre sur France Musique.

« musique impressionniste » et récital avec violon

Un programme dédié à la musique française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle a été l’occasion d’une rencontre fructueuse a été l’occasion d’une rencontre fructueuse avec trois solistes de l’orchestre de l’opéra de Rouen : la violoniste Jane Peters, le violoncelliste Florent Audibert, et le flûtiste Jean-Christophe Falala. Ce programme s’est développé considérablement et a été associé à la magnifique rétrospective sur la peinture impressionniste qui s’est tenue au musée des beaux arts de Rouen en 2010. C’est avec un brin de provocation que les musiciens se sont approprié ce terme : peu apprécié de Monet et consorts, il était proprement honni de Debussy. Il n’appréciait en effet que peu la peinture, et encore moins celle-ci, réservant ses affinités électives à la poésie symboliste. Il n’en reste pas moins qu’écouter cette musique française avec une imagination emplie des toiles de ces peintres est un grand plaisir. Ne nous en privons donc pas, cela dût-il chatouiller l’irritable Debussy, et réservons notre fidélité à la seule interprétation musicale…

L’amitié créée dans ce cadre avec la violoniste Jane Peters a donné naissance à un programme de récital pour violon et harpe distinct de nos grands compositeurs français. Musique ancienne, création contemporaine, poésie de Saint-Saens et vivacité de Bartok : point de militantisme musicologique ici… juste un beau moment de musique !

Jane Peters est née à Adélaïde (Australie). Elle commence à étudier le violon à l’âge de sept ans avec Lyndall Hendrickson et fait ses débuts à dix ans en récital avec le Concerto de Mendelssohn et l’Intro duction et Rondo Capriccioso de Saint-Saëns. Deux ans plus tard, elle remporte le premier prix du concours Showcase de la télévision australienne. Jane Peters entreprend alors une tournée en Europe pendant quatre mois et joue avec l’orchestre de Monte Carlo le Concerto de Mendelssohn et le Double concerto de Bach où Henryk Szeryng, Ivry Gitlis et Jean Mouillière sont successivement ses partenaires. Elle fait également une apparition remarquée au Grand échiquier de Jacques Chancel. Parallèlement à sa carrière musicale, elle poursuit ses études générales à Adélaïde jusqu’à l’obtention du diplôme de Bachelor of Arts en 1982. En 1986, elle obtient le troisième prix et le Prix du Public au concours Tchaïkovski à Moscou. Jane Peters s’établit alors à Paris. Elle mène une carrière internationale et se produit dans de nombreux festivals : Marlboro (USA), IMS Prussia Cove (Cornouailles), Cheltenham, Huddersfield, et Spittalsfield, (Angleterre), Barossa (Australie), Saintes (France, où elle donne aux côtés d’Alain Planès un récital de musique française)… Elle a également présenté, en 1992, une série de concerts consacrés aux œuvres de Xenakis (Scala de Milan, Opéra de Sydney, Festival d’automne à Paris). En 1994, elle obtient le prix international Pro Musicis. Grâce à ce prix, elle joue de plus en plus souvent, alternant les récitals dans des salles prestigieuses (à Paris, Rome, Hong-Kong, Boston, Los Angeles etc.) et les concerts à caractère social. C’est ainsi qu’elle se produit en faveur des toxicomanes aux États-Unis ou dans des prisons françaises pour ne citer que ces deux exemples. Cette vision la plus ouverte possible de la musique se retrouve dans son répertoire qui s’étend de la musique baroque à la création contemporaine que ce soit en récital, en musique de chambre, en soliste ou au sein de l’orchestre. Il lui arrive de passer commande d’œuvres à des compositeurs, comme elle l’a fait notamment avec sa compatriote Elena Katz Chernin. Toujours en 1994 elle est invitée parmi les membres du jury au concours Tchaïkovski. En 1996, Jane effectue ses débuts new-yorkais avec succès au prestigieux Weil Hall du Carnegie Hall. Elle a joué avec Byron Janis au Lincoln Center à New York au profit de la Fondation Pro Musicis. Depuis 1996, elle représente l’Australie en tant que Arts Ambassador. Jane Peters a enregistré un disque chez Abeille Musique, consacré aux œuvres pour violon et piano de Robert et Clara Schumann, en compagnie de Julius Drake. Elle a reçu le Diapason d’or pour son enregistrement des œuvres de Xenakis (Mode Records à New York). En 1998 elle a également enregistré un disque live du Concerto de Tchaïkovski à l’occasion d’une tournée européenne avec l’Orchestre des Jeunes d’Australie dirigé par Christoph Eschenbach. En octobre 1999 elle a joué le Concerto de Schumann avec Philippe Herreweghe et le Koninklijk Filharmonisch à Anvers. Elle a dirigé le Camerata de l’Orchestre des Jeunes d’Australie pour leur tournée Bach en 2000 et en 2003 avec deux programmes comprenant La Grande Fugue de Beethoven, l’Adagietto de Mahler et le Concerto pour double orchestre de Michael Tippett. Au cours de ces dernières années, elle a donné les Concertos de Felix Mendelssohn et Philipp Glass en Australie et le Concerto pour violon de Tchaïkovski, Tzigane de Ravel, et la 2nd Rhapsodie de Bartok avec l’Orchestre de BBC Wales. En 2000 et 2002 elle a interprété les deux Concertos de Prokofiev, l’un avec l’Orchestre de Picardie dirigé par Pierre Bartholomée, l’autre avec le Symphony de Melbourne sous la direction de Paavo Järvi. En 2003 elle a joué en récital au Wigmore Hall de Londres. Depuis janvier 1999 elle est violon solo de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen.

Né en 1974, Florent Audibert commence le violoncelle avec son père au CNR de Nice, où il obtient ses prix à l’unanimité en violoncelle et en musique de chambre. En 1993 il entre au CNSM de Paris dans les classes de Jean-Marie Gamard et Jean Mouillère. Il obtient un premier prix de violoncelle et un premier prix à l’unanimité, premier nommé de musique de chambre au sein du quatuor Kinsky, avec lequel il remportera aussi le prix du Forum International de Normandie et le sixième prix FNAPEC. Il effectue ensuite un troisième cycle au CNSM de Lyon dans la classe de Ivan Chiffoleau, tout en participant à des Master classes avec Steven Isserlis, Arto Noras,Toshiro Tsutsumi… et sera demi-finaliste aux concours Rostropovitch en 2001 et Bach de Leipzig en 2003.

Son attrait pour les instruments historiques le conduira ensuite à suivre l’enseignement de Christophe Coin au CNSM de Paris. Deux personnalités l’ont particulièrement influencé, Janos Starker et Anner Bylsma avec lesquels il a eu la chance de travailler à de nombreuses reprises (CNSM de Paris, Villarceaux, Kronberg, Cité de la Musique…).

En 2006 il est choisi par Lorin Maazel lors de la création de l’Orchestre du Palau de las Artes de Valencia (Espagne), premier chef invité Zubin Mehta, et y passe la saison lyrique 2006-2007. Il se produit en tant que soliste dans des concertos allant de Vivaldi et C.P.E. Bach (sur violoncelle baroque) à Ligeti et Gulda, en passant par Haydn, Dvorak, Lalo, Tchaïkovski, Brahms, Saint-Saëns… avec différents orchestres (Philharmonique de Nice, Opéra de Rouen, Orchestre de Cannes-PACA…). Il interprète régulièrement du répertoire contemporain, ce qui lui permet de rencontrer et de travailler auprès de compositeurs tels que Maurice Ohana, Henri Dutilleux , Philippe Manoury, Bruno Montovani, Edith Canat de Chizy…

En 2007 il a créé aux Rencontres Internationales de Beauvais (D)ébauches pour deux violoncelles et bande électroacoustique de Sébastien Béranger (avec son frère Frédéric Audibert), et une pièce pour violoncelle seul de Christophe Queval.

Partenaire recherché de musique de chambre il a joué avec des artistes tels que Marielle Nordman, Ivry Gitlis, Alain Planès, Bruno Pasquier, Jean Moullière, Frédéric Aguessy, Michel Lethiec…

Il est invité en tant que chambriste par le festival de Prades, l’Orangerie de Sceaux, le Théâtre des Champs-Elysées, le Festival du Vexin, les Rencontres de violoncelles de Callian, le festival de Besançon…

Depuis 2008 il est membre de l’ensemble Calliopée avec lequel il a enregistré chez Alpha un double CD consacré à la musique de chambre Martinu (Choc de la musique), ainsi qu’un disque Durosoir qui sortira au printemps 2010.

Sa discographie comprend aussi l’intégrale de la musique pour violoncelle et piano sur instruments d’époque de Gabriel Fauré (coup de cœur Piano magazine), et les sonates de Brahms et Phantasie Stucke de Schumann (5 diapasons) avec le pianiste Remy Cardinale. En quatuor avec orgue et deux violons un disque Haydn, Dvorak, Albinoni, Brixi.

Depuis 2000, il est violoncelle solo de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie.

Jean-Christophe Falala obtient ses prix de flûte dans les classes de Jean Étienne et de Roger Bourdin au CNR de Versailles, puis à l’École Normale de Musique de Paris et au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en troisième cycle (musique de chambre). Il obtient le premier prix (ex aequo avec le pianiste Laurent Cabasso) au Forum International de Musique de Chambre de Normandie. Flûtiste de l’« Octuor Serenata », il joue à Radio France, à la Mairie de Paris et participe à de nombreux festivals de la région parisienne. En musique de chambre il a joué avec Mireille Delunsch, Lily Laskine, Christian Lardé, Frédéric Aguessy, François Guerrier, David Selig, Céline Frisch, Jane Peters ou encore avec le « Trio à cordes Cappa » au Metropole Arts Center en Angleterre. Jean-Christophe Falala a enregistré plusieurs CD dont un chez Timpani avec Jean-Louis Haguenauer et Cecilia Tsan avec qui il a également donné des concerts à Londres. En soliste, il a eu le privilège de jouer avec Jean-Pierre Rampal, Catherine Michel, Pierre Amoyal, Patrick Gallois, Maurice André et les « Virtuoses de Prague » avec qui il a interprété le Concerto de Mozart. Avec Isabelle Moretti, il a été invité dans plusieurs festivals internationaux : Besançon, Grenoble, Schaffhausen. Avec Marc Minkowski il a enregistré un DVD pour le festival d’Aix en Provence comme flûte solo au sein des musiciens du Louvre. Il se rend aussi régulièrement en Italie pour donner des masters classes. Jean-Christophe Falala est flûte solo de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie (direction Oswald Sallaberger) depuis sa création en 1998. Avec cet orchestre il a joué les concertos pour flûte de Jean Sebastien Bach, Ferruccio Busoni, Malcom Arnold et Carl Nielsen. Titulaire du CA de flûte Jean Christophe Falala enseigne au CNR de Rouen où il a formé de nombreux flûtistes professionnels. Jean-Christophe Falala joue une flûte en or 24 carats faite spécialement pour lui par la firme Japonaise Muramatsu.